Par Claudia Kenou
Les prix des différentes espèces de ruminants ont connu une nette augmentation, selon le dernier bulletin mensuel du Système d’information sur les marchés à bétail, publié par la Cellule technique de Suivi et d’Appui à la Gestion de la Sécurité alimentaire (Ct-Sagsa), rendant compte des tendances du marché en novembre 2024.
L'élevage des ruminants joue un rôle essentiel dans la sécurité alimentaire et nutritionnelle au Bénin. Il contribue également à renforcer les revenus des éleveurs, à travers la vente des animaux vivants, des sous-produits (peaux, lait) et l'utilisation du fumier comme fertilisant pour les exploitations agricoles. En novembre, les marchés des petits ruminants (ovins et caprins) ont connu une bonne dynamique, en raison des préparatifs pour les festivités de fin d’année, avec une augmentation des ventes. En revanche, l’offre de gros ruminants (bovins) a diminué modérément, tandis que la demande a légèrement augmenté.
En comparaison avec le mois précédent, les prix des bovins et des caprins ont enregistré une baisse modeste de 1% tandis que les prix des ovins ont montré une hausse. Toutefois, en glissement annuel, une flambée des prix a été observée pour toutes les espèces : les bovins ont vu leurs prix augmenter de 6%, les ovins de 16% et les caprins de 13%. Cette hausse est principalement attribuée à la hausse des coûts de transport et à la fermeture continue des frontières par le Niger.
Concernant la viande, les prix de la viande bovine ont baissé tant mensuellement qu'annuellement, contrairement à la tendance internationale. À l'inverse, les prix de la viande ovine ont montré une hausse sur les deux périodes comparées. En termes de bénéfices pour les éleveurs, ces derniers ont vu une amélioration de leurs échanges, avec un gain de 4% en un mois et de 11% en un an, grâce à la hausse des prix du bétail et la baisse du prix du maïs.
Les transactions sur le marché des bovins ont été dominées par les jeunes sujets (génisses, taurillons, veaux) avec une hausse des prix de ces animaux : +5% pour les génisses, +2% pour les taurillons et +6% pour les veaux. Cependant, les prix des vaches et des taureaux ont diminué respectivement de 8% et 1% tandis que les prix des bœufs sont restés stables.
Le marché à bétail de Ouèssè a enregistré le meilleur taux de vente, atteignant 92% tandis que celui de Dogbo a affiché un taux de vente de 0%. Le sous-secteur de l'élevage au Bénin représente environ 13% du PIB agricole, avec un cheptel national composé principalement de bovins (notamment les races Zébu et Borgou), d'ovins (Djallonkés et Sahéliens) et de caprins (Naine et Sahélienne). Les éleveurs orientent leurs activités vers les marchés après avoir satisfait leurs besoins familiaux.