Par Claudia Kenou
Dans un contexte de baisse progressive de l'inflation et des taux d'intérêt, la croissance mondiale devrait atteindre 2,7% en 2025 et 2026, un taux similaire à celui de 2024. Les économies en développement devraient enregistrer une croissance consolidée d'environ 4% durant cette période.
Cependant, bien que cette performance soit encourageante, elle reste inférieure aux niveaux d'avant la pandémie de COVID-19 et ne suffira pas à réduire la pauvreté ni à atteindre les objectifs de développement fixés. L'analyse menée par la Banque mondiale offre un aperçu approfondi des performances des économies en développement au cours des vingt premières années du XXIe siècle. Ces pays ont connu des niveaux de croissance record durant la première décennie mais ont vu leurs progrès ralentir suite à la crise financière mondiale de 2008-2009. L'intégration économique mondiale a également perdu de son élan, avec une réduction d'environ 50% des flux d'investissements directs étrangers vers ces économies par rapport aux débuts des années 2000. En 2024, les nouvelles restrictions commerciales mondiales étaient cinq fois plus fréquentes que la moyenne observée entre 2010 et 2019. Ces éléments ont contribué à une chute de la croissance économique globale, qui est passée de 5,9% dans les années 2000 à 3,5% dans les années 2020. Depuis 2014, les taux de croissance moyens du revenu par habitant dans les économies en développement (hors Chine et Inde) sont inférieurs d'un demi-point de pourcentage à ceux des économies à revenu élevé, accentuant ainsi le fossé entre les pays riches et pauvres.
Indermit Gill, économiste en chef et premier vice-président du Groupe de la Banque mondiale, souligne que les 25 prochaines années seront plus difficiles pour les économies en développement que les précédentes. Les forces qui avaient auparavant favorisé leur essor ont disparu, laissant place à des défis majeurs tels que le fardeau de la dette, une croissance atone des investissements et de la productivité, ainsi que les impacts croissants du changement climatique. Pour surmonter ces obstacles, ces économies devront adopter un nouveau modèle stratégique axé sur des réformes visant à stimuler l'investissement privé, à approfondir les relations commerciales et à optimiser l'utilisation des capitaux, des talents et de l'énergie.
L'importance des pays en développement dans l'économie mondiale a considérablement augmenté, représentant aujourd'hui environ 45% du PIB mondial contre 25% en 2000. Leur interdépendance s'est également renforcée, avec plus de 40% de leurs exportations de biens destinées à d'autres économies en développement, soit le double par rapport à 2000. Ces économies sont devenues une source significative de flux de capitaux, d'envois de fonds et d'aide au développement, représentant 40% des remises migratoires entre 2019 et 2023 contre 30% dans les années 2000-2010.
Brunelle Tchobo