Par Claudia Kenou
Le riz indien confirme sa position de denrée alimentaire la plus prisée par les ménages béninois. D’après les récentes statistiques publiées par l’Institut National de la Statistique et de la Démographie (INStaD), l’Inde a été le premier fournisseur du Bénin au cours du deuxième trimestre 2025, principalement grâce à ses exportations de riz.
Entre avril et juin 2025, le pays a réceptionné plus de 365.000 tonnes de riz semi-blanchi, poli ou étuvé, représentant une valeur totale de 81,1 milliards de francs Cfa. À titre de comparaison, les autres produits importés d’Inde restent largement en retrait. Les câbles électriques n’ont coûté que 2,6 milliards francs Cfa tandis que les tracteurs n’ont représenté qu’environ 1,7 milliard sur la même période. Cette situation met en évidence la forte dépendance du marché béninois vis-à-vis du riz indien. En quelques années, ce produit s’est imposé comme un aliment de base incontournable. Il occupe désormais une place centrale dans le régime alimentaire, au point de concurrencer sérieusement et parfois même de supplanter, les céréales locales telles que le maïs, le sorgho ou le mil. Si cette évolution reflète une adaptation des habitudes de consommation aux nouveaux modes de vie urbains, elle révèle aussi une vulnérabilité croissante du pays, exposé aux fluctuations du marché international et aux éventuelles restrictions d’exportation.
Sur le plan commercial, l’Inde domine ainsi les échanges avec le Bénin, loin devant ses poursuivants. La Chine et la France complètent le trio de tête des principaux fournisseurs, en occupant respectivement la deuxième et la troisième place. Toutefois, leurs exportations vers le Bénin se concentrent sur des secteurs différents. La Chine fournit essentiellement des équipements de télécommunication et du matériel électronique tandis que la France exporte principalement des médicaments et des produits pharmaceutiques. Ces données, rendues publiques par l’INStaD, rappellent l’importance pour le Bénin de renforcer sa sécurité alimentaire et de diversifier ses sources d’approvisionnement. La place du riz indien dans les importations est révélatrice d’un choix de consommation massif, mais aussi d’une dépendance qui interroge sur la résilience du pays face aux chocs extérieurs.